Nous avons tous, au moins une fois, fait l’expérience de la synchronicité, cette complicité de l’espace et du temps agissant par analogie et symbole dans notre vie. Des choses qui se ressemblent par la forme se trouvent en même temps comme « par hasard » sur notre chemin.
Jung a parfaitement bien présenté ce phénomène lui donnant même son nom de synchronicité.
Il semble en être de même au niveau de la communauté, voire de l’humanité, des idées proches jaillissent en même temps, à quelques années près, à des endroits différents. Cela concerne souvent les créations, les inventions, mais aussi le domaine de la science.
Roberto Assagioli et Edouard Bach sont tous les deux médecins, l’un est né en 1888 l’autre en 1886. Ils travaillent tous les deux au mieux – être de l’humanité et au soulagement des souffrances. L’un est psychiatre, il a travaillé avec Jung. L’autre est docteur en médecine, chirurgien chercheur et sa renommée atteint le monde entier quand il découvre les nosodes.
L’un est italien, l’autre gallois. Ils ne se sont jamais rencontrés. Pourtant dans leurs travaux, dans leur approche respective, nous retrouvons le même « sens » donné, la même structure, le même point de vue de l’humanité.
Le premier point commun est sans aucun doute cette vision globale de l’humain. Cette vision reconnaît l’existence d’une âme, que chacun peut appeler selon son bon vouloir, esprit, âme, inconscient. Il est un autre monde lié à notre matière, les rapports que nous entretenons avec cette partie de nous – même n’est pas sans effet sur notre état et notre équilibre.
La particularité d’Assagioli est d’avoir dépassé le stade de l’analyse reléguant l’inconscient à une masse informe de pulsions et de refoulements pour lui octroyer aussi une dimension plus vaste, une réalité plus globale. Assagioli propose la conception d’un Soi, une reliance du Je. En quelques mots disons que notre Je se doit d’être le reflet d’un Soi, lui-même. Cette dimension engendre un Centre, une profondeur à l’individu, où il peut retrouver son équilibre, puiser les forces et la distance nécessaire à l’épanouissement qui lui est propre, personnel.
Edouard Bach, part du principe que l’homme possède une âme et que cette âme est porteuse d’une mission, d’une énergie poussant irrémédiablement notre vouloir à Etre. La moindre contre volonté intérieure, le moindre conflit contrant ce devenir, la moindre pollution psychique (culturelle, éducative, quotidienne) engendre souffrance, conflit et peu à peu la maladie.
Ainsi deux schémas se dessinent, avec une similitude de sens extraordinaire. Il s’agit dans les deux cas de concevoir l’individu dans une globalité, un ensemble de fonctions (physique, esprit, spirituel) interdépendantes qui nécessite d’être au service de notre réalisation, libre et sereine. Nous pourrions imager cela facilement en disant qu’un gland doit devenir un chêne et que toute tentative d’en brider la réalisation engendre souffrance et maladie.
Il est coutume de dire « les grands esprits se rencontrent », les deux hommes ne se sont pas rencontrés, mais leurs esprits, leurs âmes les ont conduits vers les mêmes réalités, les mêmes analyses, les mêmes conclusions, les mêmes conceptions. Lorsque différentes sources testent et mènent aux mêmes résultats, lorsque ces résultats sont reproductibles (le soulagement de la souffrance) alors il est convenu d’appeler cela de la science.
Deux grandes âmes, animées de compassions et du désir de soulager la souffrance humaine, ont par des chemins différents à des endroits différents convergés vers une réalité qui ne cesse depuis de se démontrer.